Les entrepreneurs des territoires partagent le ras le bol des éleveurs

Les manifestations des éleveurs à travers tout le pays ont révélé au grand public les difficultés que traverse la production de viande et de lait. Prix bas, trésorerie négative, charges élevées, dans les secteurs de production touchés, les entrepreneurs des travaux sont impactés de plein fouet par la crise de l’élevage

Lait, viande bovine, viande porcine, les éleveurs revendiquent une augmentation des prix de vente à la production. Tandis que les charges d’exploitation continuent de courir, les prix de vente bas à la production font fondre les marges des éleveurs. D’autres acteurs de l’agriculture sont impactés : les entrepreneurs de travaux agricoles sont fragilisés par le manque de trésorerie de leurs clients et leur avenir incertain.

L’application du relèvement des prix à la production suite aux négociations entre les pouvoirs publics, l’industrie et la grande distribution reste totalement prioritaire pour sortir de la guerre des prix. «Il y a un ras le bol général chez les exploitants agricoles et les entrepreneurs de travaux agricoles de ne pas pouvoir dégager des marges suffisantes pour continuer leur activité de production » déclare Gérard Napias, Président de la FNEDT.

Le plan d’urgence annoncé hier par le ministre de l’Agriculture aura un effet positif mais il ne peut rester sans lendemain. Sa limitation dans le temps est certaine. «Les éleveurs français paient cash les surcoûts de la législation et la réglementation française sur les activités de production» estime Gérard Napias, qui ajoute que «l’agriculture doit pouvoir se moderniser, se restructurer sans être stigmatisée et sans nous obliger à laver plus blanc que blanc pour retrouver la compétitivité et redonner confiance aux jeunes».